La distribution de matériel

L’injection représente, sans nul doute, la pratique la plus risquée en termes d’usages de drogues.

Stéribox

Il ne s’agit pas de promouvoir l’acte de se droguer, mais bien de limiter des risques infectieux concrets (VIH, VHB, VHC) auprès d’un public injecteur qui pourrait être concerné par le partage de matériel d’injection et donc majorer les risques caractéristiques déjà importants liés aux substances.

Cette distribution donne lieu systématiquement à un entretien préliminaire pour mesurer le niveau de compétence de l’usager, d’un point de vue technique et en termes de connaissance des risques encourus.

C’est également l’occasion de promouvoir d’autres voies de consommations, en particulier chez les usagers ayant un réseau veineux détérioré.

Stérifilt

Il s’agit d’un matériel récent permettant à l’usager injecteur de filtrer la préparation et d’éviter le risque de « poussières » d’incidents circulatoires liés à une mauvaise dilution du produit.

Strawbag

Il s’agit du « kit snif ». Il contient du matériel (plateau, pailles, mouchoir, sérum physiologique, etc…). C’est un excellent outil de communication pour aborder la pratique du sniff, qui n’est pas une pratique anodine, faut-il le rappeler. Les risques de contaminations virales sont plus faibles que par l’injection mais existent malgré tout. La banalisation de cette pratique mérité une sensibilisation à des risques peu apréhendé, destruction des cloisons nasales, contamination par des virus spécifiques (streptocoques, méningocoques, etc…). Avec cette pratique, il convient également de rappeler que le risque d’OD existe également.

Éthylotests

Il s’agit de permettre aux conducteurs de se tester avant de rentrer chez eux. C’est le matériel le plus demandé. Cette distribution permet de rappeler aux conducteur les caractéristiques pharmacologiques de l’alcool, en particulier sur la question du pic d’alcoolémie et la durée de métabolisation, variable d’un individu à l’autre et souvent mésestimée.

Présevatifs, gel

Il ne s’agit pas de prendre en charge la contraception des usagers, mais plutôt grâce à ce vecteur de communication, de sensibiliser les usagers aux risques liés à la pratique d’une sexualité non protégée. Le gel n’est pas utilisé systématiquement par les usagers, alors que bien souvent les drogues assèchent les muqueuses. Cet assèchement peut être la cause de ruptures de préservatifs lors de rapport sous produits. La promotion de l’utilisation du gel permet d’éviter bien des inquiétudes. La discussion autour du préservatif permet également de sensibiliser les usagers à l’impact que peuvent avoir les produits sur leurs comportements sexuels.

Bouchons d’oreilles

Ils permettent de réduire de manière significative, les hautes et basses fréquences, ainsi qu’une réduction de volume sonore, afin de protéger les tympans.Ils sont très demandés.

Eau

Certaines substances conjuguées à l’ambiance festive, parfois débridée, peuvent générer des déshydratations. De l’eau gratuite est mise à disposition.

Sucettes

La prise d’ecstasy peut provoquer du trismus, contraction importante des mâchoires. La distribution de sucettes permet de modérer ce désagrément et ajoute un peu de convivialité à nos pratiques. C’est également un vecteur de communication donnant l’occasion d’engager la discussion avec des usagers.

Des aliments sucrés sont également distribués aux usagers victimes d’hypoglycémie, consécutives à une consommation de cannabis (« taper un white »).

[Source : Michel MONZEL, Educateur Spécialisé, Coordinateur du Service En Amont – Prévention des addictions et des conduites à risques]